Massages de
cerveau
(Vous n’avez pas
à penser ce que je pense mais vous avez à penser.)
Pierre-Yves Boily, Ph.D,
2023
Penser
Penser n’est ni
simple ni fréquent.
On peut penser qu’on pense mais, la plupart du temps, on
répète ce qu’on a appris à penser.
Penser n’est pas méditer; c’est un acte de volonté.
Penser n’est pas réfléchir; c’est un acte de création.
Penser n’est pas intuitif; c’est un acte de raison.
Pour avoir une pensée neuve, il faut baigner dans les
pensées anciennes.
Pour penser, il nous faut au moins trois idées
différentes, opposées, étrangères.
Une libre pensée se critique elle-même, et beaucoup.
Penser est troublant, dérangeant, exigeant pour soi-même.
Penser ne peut se faire qu’en se référant aux autres par
la pensée; nul ne peut penser par soi-même.
Penser ne mène pas à la sagesse mais à la révolte.
La pensée contourne la violence, refuse la mièvrerie,
désamorce les croyances.
La pensée commande beaucoup de courage et d’énergie;
voilà pourquoi peu de personnes pensent et si peu.
La pensée sait que l’émotion et les sentiments rendent
esclaves de la pensée de ceux qui ne pensent pas.
La pensée se communique et fait penser sinon elle n’est
que manipulation.
L’art est une forme de pensée; voilà pourquoi la plupart
des artistes n’en sont pas.
(Penser relève de la gymnastique; plus le cerveau
pense, mieux il pense; plus je pense la même chose, moins je pense.)
Je
Je est un esprit flou avec un corps changeant dans un monde hostile.
L’esprit
se compose de mémoire biologique et culturelle, d’intelligence intuitive et
rationnelle, et de folies (distorsion, rêve, risque, fantaisie).
Le corps se compose en décomposant les choses et les
autres je, puis il se décompose en se composant un monde.
Le monde est hostile au je puisque l’univers
ne veut rien et n’obéit à rien.
Je ne peut rien sans ils;
les autres m’obligent à m’ouvrir et à me fermer.
Je ne connais pas je autrement que
par brides et apparitions fantomatiques.
(C’est compliqué et complexe de penser, voilà pourquoi
ce n’est pas une activité fréquente, surtout pas socialement parce qu’on risque
de se faire accuser de compliquer ou de simplifier les choses quand on dit ce
qu’on pense.)
Donc
La logique donne
l’illusion de comprendre le chaos de l’univers
La logique
permet de bâtir des villes et des bombes.
Un humain
logique devient un sous-ordinateur.
La pensée
logique offre les mathématiques jusqu’à devenir illogique.
La science est
logique au point de devenir dangereuse
L’humain peut
être logique mais il ne doit surtout pas l’être
(Accuser
quelqu’un d’être illogique est un compliment)
Existence
Les personnes s’inventent des raisons d’exister; ces
raisons tuent les autres.
Dans l’Univers, l’existence de chaque personne n’est même
pas un détail.
Personne ne décide d’exister mais beaucoup tentent de
décider comment les autres existent ou n’existent pas pour eux.
Les maisons et les arbres existent plus longtemps que
nous.
L’existence n’a aucun sens, heureusement sinon nous
serions tous hors d’ordre.
Notre existence vient des autres et tente de les annuler;
le nombril en est le symbole.
Exister demeure une immense misère à laquelle nous sommes
très attachés.
Shakespeare écrivait «Être ou ne pas être?», alors que la
vraie question se formule ainsi : tant qu’à être, comment?
La question du suicide pose celle du néant de l’existence,
et elle n’y répond pas.
(Ma mort ne vous concerne pas, ni moi non plus)
Liberté
La liberté s’atteint rarement et pour peu de temps.
La liberté peut dire Non ou Peut-être.
Les autres sont le risque de la liberté.
Il y a très peu de choses dans la vie que nous choisissons,
peut-être seulement notre indignation et notre révolte, et encore.
Les personnes qui cherchent à clamer leur liberté ont
intérêt à avoir autre chose à proposer.
(Penser librement suppose tellement de travail, de rigueur et de courage; je ne suis pas
certain de le pouvoir).
Intelligence
artificielle
L’I.A. est la troublante démonstration qu’il y a bien peu
de penseurs et de créateurs.
Tout ce que les
machines peuvent faire n’est pas humain.
Ceux qui craignent l’I.A. craignent de constater que leur
intelligence est artificielle; le roi est nu.
‘Faire une pause’ dans le développement de l’Intelligence
Artificielle : une bonne blague.
L’I.A. finira par faire disparaitre les banques, les
bourses, les courtiers, les avocats, les médecins, les journalistes, les profs,
les architectes, les ingénieurs, les fonctionnaires, les vedettes, les
marchands et la pauvreté. Ne restera que les chercheurs, les
menuisiers-assembleurs, les juges, les pédagogues, les législateurs et les
préposées aux bénéficiaires.
(Attention de dire que j’exagère; ce texte est sur
ordinateur).
Joie
Souvent confondue avec le bonheur, subi et espéré, la
joie existe par décision.
La joie vibre de l’adéquation entre l’être et l’agir.
La joie tisse les vacances de la forme et du fond; aucune
image n’est joie ni aucun objet.
Le rire c’est la joie qui éclate; le sourire, la joie qui
pénètre.
Il y a de fausses joies, liées à des espoirs ou à des
mérites.
Il y a de vraies joies, liées à des étonnements et des
douceurs.
Personne ne peut commander la joie, surtout pas les
humoristes.
La joie des enfants passe par la sécurité; la joie des
adultes passent par le risque.
(Quand vous ne saurez comment interpréter mes propos,
imaginez que je souris).
Psychologie
La psychologie est l’art de faire croire que la vie
devrait être facile.
La psychologie est fondée sur des croyances pires que les
religions puisqu’elle revendique la science.
Les psychothérapeutes sont des sorciers qui font beaucoup
de dégâts.
La santé mentale est d’abord et surtout une question de
bien-être social lié à l’isolement et aux manques de ressources collectives.
Tout le discours actuel sur la santé mentale vise à
vendre des médicaments pour faire taire les révoltes légitimes.
(Vous me direz que des psys et des drogues vous ont
aidé; à quoi? À vous conformer aux attentes?)
Amour
Il y a autant de définitions de l’amour qu’il y a de
véritables amoureux, et ceux-ci sont très rares
L’amour cherche la trahison, et la trouve ou la fait.
L’amour n’a rien à voir avec la paix car il devient haine
ou châtiment.
L’amour maternel étouffe; l’amour paternel éloigne.
Dans l’amour conjugal, une des deux parties n’a aucune
idée de ce qui se passe.
L’amour universel gère les Bourses de New York, de
Londres et de Tokyo.
L’amour pollue les ondes juste un peu plus que les gaz.
Les religions prônent l’amour au prix de l’intelligence.
(Vous pouvez faire des commentaires sur ma façon de dire
ce que je pense; cela vous évitera de dire ce que vous pensez).
Paix
La paix passe entre deux guerres, entre deux étrangers,
entre deux revendications.
La paix s’offre, elle ne se ressent pas.
Quelqu’un en paix avec lui-même oublie ou nie le monde.
La plupart des personnes qui veulent la paix profitent
des guerres des autres.
La paix entre humains est forcément une illusion ou une incompréhension.
Les gens paisibles profitent des efforts des autres.
Les religieux qui proposent ou réclament la paix
devraient d’abord se taire, et ensuite aller mourir à la place des victimes.
Rien dans l’univers n’est en paix.
Les personnes qui souhaitent ou réclament la paix ne
veulent surtout pas croire qu’elles y sont pour quelque chose.
(J’aimerais bien vous foutre la paix mais je n’ai
aucune idée de ce que c’est).
Sens de la vie
La vie a peut-être un sens mais, unique, et il aboutit à
un cul-de sac.
Pourquoi faudrait-il que la vie se justifie?
Admirer la complexité de l’Univers prend déjà plus qu’une
vie.
Ma vie n’a pas de sens dit la personne souffrante, et
elle a raison.
Donner un sens à sa vie dit la sagesse, et elle a tort.
Tout sens à la vie exclut des millions de personnes.
La richesse
Les riches ne le méritent pas, les pauvres non plus.
La richesse n’a rien à voir avec le talent ni avec
l’effort.
Les riches ont des millions d’esclaves cachés dans leurs
comptes de banque off-shore.
Les quelques millions de riches ne reconnaissent même pas
qu’ils sont à la source des problèmes des milliards de pauvres.
La classe moyenne sert les riches et protègent leurs
richesses. Elle est de moins en moins nombreuse car les ordinateurs effectuent
mieux ce travail.
Les artistes et sportifs riches sont des idoles creuses
comme les banquiers et les PDG internationaux. Aucun ne sait penser autrement
qu’à gagner.
Les riches gentils n’existent pas car
ils seraient pauvres.
La sexualité
La sexualité mène
le monde et il suit.
La sexualité active la sensualité, le désir, la
sensibilité, la procréation et la publicité.
Actuellement les mâles et les femelles nagent dans la
confusion et l’incompréhension, et cela date d’environ 23000 ans.
La violence sexuelle n’a rien de sexy, même entre
consentants.
Les plus violents en termes sexuels sont les religieux.
Les soldats sont violents mais c’est leur métier.
(Je suis prêt à changer d’idée sur n’importe quel
sujet; vous en avez une à me proposer?)
La politique
En démocratie, la politique consiste à corrompre
l’opinion publique pour que les citoyens pensent qu’ils pensent
En dictature, la politique consiste à corrompre l’opinion
publique pour que les citoyens pensent que le leader pense.
La politique donne l’impression que les leaders, élus ou
désignés, dirigent quelque chose alors que les banquiers savent qui dirige.
La politique citoyenne est l’art de discuter pendant
qu’on se fait abuser.
L’égalité en politique est la seule voie intelligente et
saine; et le monde n’est ni intelligent ni sain.
Les artistes ne veulent pas d’ingérence politique mais
ils veulent des subventions pour faire un art politique
Les entreprises ne veulent pas d’ingérence politique mais
elles veulent des subventions pour influer sur les politiques
(Actuellement nous avons la démocratie et le
capitalisme comme système mais ne vous inquiétez pas, ils s’inter-auto-détruisent. Qu’avez-vous à
proposer pour après?)
La civilisation
Les civilisations se sont toutes
auto-détruites.
Un être civilisé
tue avec classe.
Les civilisations pacifiques furent toutes éliminées par
les civilisations dites développées.
Beaucoup de gens cultivés ne sont pas civilisés et
vice-versa.
Une civilisation peut être fondée sur le sport et le
spectacle mais les athlètes et les acteurs ne sont pas des gens cultivés ni
civilisés.
Les lois
La Nature n’a pas de loi, tout y est
chaos et changements continus.
Les lois humaines essaient d’organiser le chaos; elles
illusionnent un moment puis viennent les révolutions.
Les périodes de troubles appellent les lois; les périodes
de paix inquiètent les soldats.
Les lois et les droits forment des barrages qui obligent
les fleuves privilégiés à contourner les tribunaux des bienpensants pour
inonder les pauvres espaces des sans droits.
( Et la
justice me direz-vous?- Même dans vos rêves il n’y en n’a pas).
La guerre
Il n’y a pas de guerre juste ou défensive ou préventive
ou sainte; il n’y a que la guerre sale.
Sur dix ans une guerre semble justifiée; sur mille ans
rien n’y paraît, pas même les morts.
La guerre ne règle rien car elle n’a pas de règle, sauf
celle du vainqueur...et encore...
Certains pays sont plus belliqueux que d’autres; les USA
les dépassent tous puisqu’ils entretiennent des guerres entre eux et dans le
monde depuis leur création.
Certains sont tellement contre la
guerre qu’ils peuvent tuer pour l’arrêter
( J’affirme beaucoup, c’est un de mes points faibles.)
Croyances et foi
Croire consiste à laisser son esprit divaguer.
Les croyances sont mortelles puisqu’elles nient l’expérience
de la vie
Les croyants croient que ceux qui ne croient pas
devraient croire ce qu’ils croient, ou tout au moins en quelque chose.
Les croyants ont tellement peur des athées que cela en
soi est une preuve de la vacuité de leurs croyances.
Ceux qui ne croient en rien réfléchissent.
La foi partagée divise.
La foi empêche de voir l’autre.
Bouddha, Mahomet, Jésus courraient après l’au-delà, et
ils sont morts.
Confucius, la Thorah et les Védas courraient après un
ordre du Monde pour y faire entrer tout le reste, mais le reste est infini.
Les théologiens de toutes tendances représentent les plus
grands dangers pour la sagesse et l’intelligence humaine puisqu’ils se fondent
sur des prémisses indiscutables.
( Les croyants croient que ce qu’ils croient existe et
que ce que je ne crois pas existe aussi; d’ailleurs les croyants croient que je
ne devrais pas exister et moi de même).
Vieillir
Vieillir permet de se poser les mêmes questions plus longtemps
Les vieux n’ont rien compris et ils le
savent
Quand le corps vieillit, l’esprit en souffre; quand
l’esprit vieillit, le corps le cache.
Jusqu’à vingt ans on veut vieillir puis on n’y tient
plus.
La vie n’a pas de prix, voilà pourquoi on tue autant
Mourir dans la dignité, quelle prétention pour cacher la
peur, légitime, de la souffrance.
Vieillir n’est pas un problème mais vivre en est un
Vieillir en paix, quelle illusion!
De Gaulle disait que la vieillesse est un naufrage alors
qu’il coulait comme un char d’assaut depuis 50 ans.
(Je suis vieux et je profite de tout sauf de mes
jambes, de mes pieds, de mes bras, de mes...)
Les Menteries
Les menteries viennent de mensonges
que l’on croit vrais
Les bonnes âmes s’émeuvent devant la misère des autres
sans jamais reconnaitre que ce sont elles qui la provoquent.
Les menteries se transmettre entre générations en sautant
celle du milieu.
Les menteries permettent aux bonnes
gens de dormir sur un tas de cadavres
(J’ai un style prétentieux et bravache selon les gens
humbles qui me jugent en toute humilité.)
L’individualité
L’autonomie prétends se gérer seule, à grands coups de prétentions.
Les personnes
très personnelles ont connu très peu de personnes
Les gens
authentiques se trouvent chez les antiquaires
Personne ne sait
vraiment qui il est, pas même sur une photo.
Quelqu’un qui
dit vous connaitre à fond se méprend sur lui-même
Après toute une
vie, on finit par ressembler à ses parents
Le capitalisme
Dans le capitalisme, les pauvres financent les États qui
financent les riches; dans le communisme les pauvres financent l’État et les
riches déménagent.
Dans le capitalisme moins ton travail importe, plus il
est rémunéré et vice-versa; ainsi pour les gardiennes d’enfant vs les
banquiers.
Ceux qui réclament les plus haut salaires disent le
mériter soit parce qu’ils ont pris des risques avec l’argent des pauvres, soit
parce qu’ils ont étudié longtemps avec l’argent des pauvres.
Les capitaux suivent les guerres et les font, sous
prétexte que les banquiers recherchent la stabilité des lois.
Médecine
L’art de la médecine consiste à faire
croire que c’est une science.
Les gens meurent
avec ou sans médecins; la différence est dans le prix
Les médicaments
ne guérissent pas; ils voilent les symptômes.
Les médecins aident à supporter la douleur et les drogues
aident à supporter les médecins
Les deux plus grandes avancées des deux derniers siècles
en médecine sont la salubrité publique et la qualité de l’alimentation;
actuellement elles ont tendance à reculer.
(Ah! Que je suis méchant avec les docs qui sont si
gentils, serviables et très très très bien payés, même dans les pays pauvres.)
Les médias
Les médias devraient méditer avant de
chercher des scoops
Le sang, le sexe et le sport, dans la
politique comme ailleurs
Pourquoi annoncer que le président va annoncer que la loi
va annoncer que...?
Dans la nouvelle, les vieilleries occupent toute la place
Les informations les plus importantes sont en page 47.
La source d’une nouvelle informe beaucoup plus que
celle-ci.
Critiques
Les critiques s’avèrent essentielles au cerveau qui les formule.
Sans critiques les démocraties
deviendraient ce qu’elles sont actuellement
Rien dans la vie ne mérite une
approbation complète
Les jeunes qui critiquent se préparent seulement à être
des vieux qui critiquent
La véritable critique n’a ni le pas ni le ton.
Se poser devant l’Univers et ne rien répondre, voilà la
noblesse de l’humain
La critique des autres relève de la santé mentale; l’autocritique
assume la folie.
(La
preuve que j’exerce mon esprit critique est que je déclenche le vôtre.)
Famille
En famille, la vérité disparait
Les parents font tout pour que les
enfants fassent tout, et vice-versa.
Les familles heureuses et équilibrées constituent un
danger pour leurs membres.
Les sociétés protègent les familles qui protègent leur
pécule.
La vie de famille déguise l’enfer en paradis perdu.
Les mères sur qui reposent la vie de famille font en
sorte que personne ne se repose de leur dévouement.
Les pères sur qui reposent la vie de famille donnent le
change.
Les grands-parents sont parfaitement inutiles; les bébés
aussi.
Solidarité
La solidarité couvre les périodes où
l’égoïsme ne suffit pas.
Les armées exploitent la solidarité au
maximum.
Les assurances fournissent des fonds de solidarité
permettant aux banquiers de fuir avec l’argent.
Devant l’immensité de l’Univers nous devrions nous sentir
seul, extrêmement seul, puis un peu solidaire.
Comprendre
Comprendre suscite d’abord une joie,
celle de s’ouvrir à la vie.
Puis comprendre entraine une
crainte : celle de se tromper.
Ensuite comprendre conduit à
l’angoisse de l’insuffisance.
Enfin
comprendre offre la sérénité devant la complexité de l’Univers
Personne ne comprend vraiment
quelqu’un.
Personne ne se
comprends vraiment.
Socrate avait
tort; je sais que je sais et je sais que mon savoir change
Platon avait
tort; il n’y a pas d’idéal car les idées sont toujours impures.
Aristote avait tort de vouloir tout classer pour
comprendre; il a fini en bibliothèque.
Épicure avait raison et son œuvre fut détruite.
Montaigne avait raison et il était un des rares à avoir
compris Épicure.
Spinoza et Descartes, même combat! Les deux sont restés
cachés de leur vivant pour éviter le lynchage.
Kant, Hegel, Heidegger : tous les dégâts de la
‘pensée allemande’.
Locke et Humes, tous les dégâts de la ‘pensée
britannique’.
Nietzche, Wittgenstein, Thoreau, des solitaires
tourmentés et combien apaisants.
Comprendre commande une convulsion du cerveau, une
révolution de l’âme, une opération à corps ouvert.
Comprendre peut relever de la subtilité la plus sensible
comme avec Jankélévitch, ou de la révolte la plus radicale comme avec Camus.
Ceux qui comprennent sont rarement compris.
(Vous n’êtes pas obligé de connaitre tous ces
philosophes; je vous recommande les romans d’Arundathi Roy, ou ceux de Auður Ava Ólafsdótti
c’est mieux.)
Musique.
Pouvoir inouï sur tous nos sens, la musique engourdit la
peur, élève ou abaisse l’esprit, accompagne le rêve, impose le rythme du cœur.
Jouer d’un instrument condamne à la recherche de la
vibration commune de l’âme et du corps.
La musique fait les mœurs, militaires ou débranchés,
pédants ou spiritueux, sirupeux ou complètement désarticulés.
Lire en écoutant de la musique, rien ne reste.
Écrire ou peindre en écoutant de la musique, induction de
transe garantie.
La musique se porte hors du temps, comme la plupart des
moments humains, sauf le travail et la douleur.
La musique et les poèmes sont proches; certains nomment
cela slam ou rap ou chanson.
Vive Rag’and bones, Grand Corps malade et David
Goudreault!
Les arts
Les arts crient la recherche d’infini, le refus de la
mort.
Les artistes quêtent l’approbation en chiant sur leurs
proches
Les artistes humbles restent inconnus.
Nous sommes tous artistes et créateurs mais certains le
prétendent plus que d’autres.
Les artistes craignent l’I.A. et ils on bien raison; ils
vont être démasqués.
Beauté
La beauté provoque un choc qui reste marquant
La beauté n’est pas une question de
goût mais une question de faim
Ce n’est pas parce qu’une beauté est
déclarée qu’elle l’est
Reconnaitre la beauté suppose de connaitre à fond la
laideur, la tiédeur, et les copieurs.
Ceux qui trouvent que les bébés sont beaux n’ont aucune
idée de la merde
Ceux qui trouvent que les vieux sont beaux n’ont aucune
idée de la merde.
Une belle sculpture donne envie de toucher; une belle
peinture donne envie de se perdre; une belle littérature donne envie d’avoir
envie; une belle musique donne envie de rester en vie; une belle danse se vit
sur le trottoir; une belle personne donne envie.
Travail
Trois types de travail : l’abrutissant, le
constructif, le créatif; la plupart sont les trois.
Sans travail, le temps est long; avec un travail on sait
pourquoi.
Si les travaux étaient rémunérés à leur juste valeur
ajoutée, les gardiennes d’enfants seraient milliardaires et les banquiers, très
pauvres.
Les vacances, les congés, la retraite, la rente ne sont
que des illusions qui exploitent des esclaves qui ont la décence de rester dans
leurs pays respectifs.
Les humains qui travaillent beaucoup sous prétexte
d’aimer ça ne savent rien de l’amour.
En faire le moins possible et le faire bien, travail ou
jeu, culture ou détente.
Souffrance
La douleur atroce, nouvelle, inquiétante, irradiante,
consternante, étouffante, absorbant toute l’énergie, toute l’attention, toute
résistance; la douleur quoi...
On
peut souffrir en silence ou en criant; ça change tout, pour les autres
Le regard de celle qui souffre, abyssal, incompréhensif,
impuissance inouïe, au-delà de l’indicible.
Ceux qui font souffrir les autres incarnent le mal dans
toute son inconscience.
Rien ne justifie la souffrance, même pas le mieux-être ou
l’apprentissage
Nietzche disait que ce qui ne tue pas rend plus fort; il
est mort débile.
Désir
Être désiré permet de penser à autre
chose
Désirer permet de ne penser qu’à une
personne
Le désir court-circuite tout le
cerveau et en fait son esclave
Sans désir, la mort s’annonce
On meurt même si
on est désiré
On ne peut
désirer la mort sauf pour cesser de subir la vie
Plaisir
Plaire, se plaire, prendre du plaisir,
donner du plaisir, la fête de l’existence.
S’il-vous-plait...il me plait...mon plaisir...avec
plaisir...faites-moi plaisir : politesses.
Le vrai plaisir, extase, orgasme, long hurlement, vaste
expiration, oubli total du présent.
Le plaisir sexuel partagé demande beaucoup trop
d’investissement et rapporte très peu.
Solitude
La condition
humaine nécessaire pour se détacher de l’animal.
Dans
la foule ou dans le désert, la capacité de sentir ses pieds reliés à la terre,
et sa tête reliée au cosmos, et vice-versa.
Si
la solitude devient une souffrance, alors la prison devient une solution.
Jusqu’à
la fin, les autres restent un problème.
Si
chacun pouvait vivre sans justifier ses peurs, ses fatigues et ses limites, la
solitude serait une béatitude.
La
solitude repose, l’isolement tue.
Grâce
à la musique, à la marche, à la peinture, la solitude s’épanouit; grâce à la
lecture, à la télé, à la danse, les autres peuvent partager la leur.
Isolement
L’isolement
le plus difficile se retrouve à l’hôpital, en prison, dans une cour d’école ou
une discothèque, dans une tranchée, sous les bombes.
L’isolement
demeure la plus grande des punitions, et malheureusement les enfants en sont
souvent les premières victimes.
Les
vieillards isolés souffrent dans leur merde ou dans leurs souvenirs.
Des
conjoints isolés acceptent que l’amour n’est pas tout et que l’autre non plus.
Des
millions de personnes concèdent leur intégrité pour ne pas être isolées.
Parler
pour parler; se visiter pour se fréquenter; manger ensemble; pour rire, pour
s’entraider, pour se comparer, pour se retrouver à nouveau seul et bien.
Destin
S’il y avait un destin, l’univers n’existerait pas.
Cependant, l’univers est le destin des existences.
Personne n’a de raison de vivre; ce n’est d’ailleurs pas
requis.
Celles qui croient en leur destinée croient aussi à l’astrologie,
à la pensée positive, à la liberté personnelle et à l’enfer.
Le destin excuse toutes les maladresses et les
méchancetés exercées sur les autres.
Tous les enfants qui meurent de faim contestent le
destin; toutes les victimes de viol aussi.
Éducation
L’éducation
transmet les croyances, les fantasmes, les exigences morales d’une civilisation
en faisant croire que cela forme le réel, la vérité et le savoir
Les
gens les mieux éduqués ne dérangent personne et laissent les fous diriger la planète
L’école
ne transmet ni le savoir ni l’éducation; la rue, les jeux, la télé et les
livres le font , et malheureusement, les religions.
Se
décharger des attentes de sa tribu et s’ouvrir au chaos de l’univers, voilà la
véritable éducation.
Littérature
La
littérature permet de vivre la vie que quelqu’un imagine.
Écrire libère les fantasmes; lire les
confirme.
Un
jour, personne ne saura plus écrire; puis un jour, personne ne saura plus lire;
la vraie vie sera complètement oubliée au profit du bien-être béat.
Les
livres les plus populaires ne disent rien; les livres les plus révélateurs,
sensibles, intelligents et cultivés sont peu lus.
Danse
Le corps danse pour libérer l’esprit
ou pour l’engourdir.
Les corps dansent ensemble ou se nient
les uns les autres.
Danser fait apparaitre la musique ou
la transcende.
Il
y a des millions de rituels de danse qu’il faut connaitre avant de croire à une
expression personnelle.
Danser
fait passer le cœur dans les extrémités.
Sans
transe, pas de danse.
Abus
L’abus correspond à un jugement dénigrant la dignité ou
l’existence de l’autre
Tous les «intervenants» abusent en prononçant des
diagnostics et des classements des personnes et de leurs comportements
L’abus est une des formes de contrôle hiérarchique social;
dans les groupes anarchiques (sans hiérarchie), l’abus est impossible et même
impensable.
Haine
Tous veulent mordre; quelques-uns le font.
Tous veulent la paix...à leurs
conditions.
Pour haïr, il faut croire que nous
méritons mieux.
La haine est beaucoup plus forte que l’amour, n’en
déplaise aux poètes...morts
Les populistes sont haineux; plus facile ainsi d’être
compris et suivis.
Éthique, Morale et Préjugés
Le bien et le mal, le mieux et le moins pire,
l’acceptable et le non, le préjudice et le préjugé, l’évolution et l’inertie,
qui décide de quoi? Sur quelles bases?
Tous les «ismes» vont aux extrêmes et tuent
l’intelligence du moment et du contexte, autant les «ismes» dits progressistes
comme le féminisme, le démocratisme, l’égalitarisme, le wokisme, le politicaly
correctiste, le socialisme que les «ismes» dit rétrogrades comme le racisme, le
conservatisme, le corporatisme , le capitalisme, le sexisme.
Plus on connait un contexte et une histoire moins on peut
juger des gens et des actes.
Les religions, même dites modérées, s’appuient sur des
préjugés non-négociables qui enlèvent toute capacité de discussion et qui
ordonnent ultimement le jugement moral.
Les gens sans morale sont dangereux parce
qu’imprévisibles; ceux avec une morale sont dangereux parce que trop
prévisibles.
Femmes et hommes
Les
différences entre les femmes et les hommes est le plus grand sujet de débat
depuis l’âge des cavernes.
Le fait d’être une femme ou un homme est
une question de chromosomes
La façon d’être une femme ou un homme
est une question de culture
La
psychologie humaniste charrie sur tout le reste en laissant croire que nous
pouvons choisir notre identité.
L’accouchement
et l’allaitement distinguent clairement les hommes et les femmes, que ces
gestes soient posés ou non.
Le
corps n’est pas un territoire de droits mais de conditions physiques
Le
caractère individuel des femmes et des hommes varie en fonction de leur
environnement et de leurs conditions de vie.
Il
n’y a pas d’attitudes et d’aptitudes spécifique à chaque sexe, même en rapport
avec la naissance.
La
plupart des civilisations ont fait comme la plupart des espèces animales :
elles ont inventé des identités mâles et femelles, en rapport surtout avec la
survie du groupe.
Les
enfants qui «se sentent» d’un autre sexe sont abusés par les psys et la société
car il n’y a pas de «senti» relié au sexe, même l’attirance et le désir sont
culturels.
Les
trans s’auto-administrent cet abus.
La
question de inégalités sociales fondées sur le sexe, la race ou l’âge doit être
résolu par la dignité de toutes et tous, et non par le droit pour tous
d’exploiter ou de définir les autres.
(Vous n’avez pas à m’accuser de penser mais vous pouvez m’accuser de
dire ce que je pense, surtout quand vous ne pensez pas ce que je pense sans
savoir vraiment ce que vous pensez.)
Changements
climatiques
Nous
avons gravement abusé et les pauvres, la majorité de l’humanité va payer et
mourir pour cela; d’ailleurs cela est déjà commencé.
Les
riches pollueurs (i.e. nous) vont s’en sortir avec les robots, les centrales
nucléaires et les climatiseurs.
Les
arbres, les animaux et les esclaves disparaitront complément d’ici la fin du
XXI siècle et personne n’en sera étonné.
L’arche
de Noé , part two.
Les
films de science-fiction racontent des vieilles choses.
Heureusement
j’aurai connu Mahler et Chostakovitch.
Les
grands scientifiques et le secrétaire général de l’ONU ont reconnu la planète
en perdition; sauve qui peut!
(J’aimerais
bien que l’on enferme dans des navettes les dix mille personnes les plus
riches, et qu’on les laisse sur la rampe de lancement) .
Gouvernement
mondial
Le
seul espoir est un gouvernement mondial élu directement par tous les humains
avec un mandat de dix ans non renouvelable.
Il
y aura autant de gabegie et de corruption dans un gouvernement mondial que dans
tous les gouvernements mais la planète aura quand même des chances d’être
entendue.
Les
arguments économiques et financiers devront être complètement évacués des
débats et considérés comme nuls.
Les
Bourses et les Banques, comme tous les autres jeux de hasards et les
escroqueries seront limitées à leur portion congrue.
Tous
les humains auront droit à la survie, à la vie et au bien-être sans avoir à
subir quelque menace que ce soit.
Ceux
qui déclareront que ces termes sont utopiques devront subir une université
durant au moins 5 ans à temps plein.
(Je sais bien que vous savez bien que c’est possible; y’a que les
voleurs qui nous dirigent qui croient ou veulent faire croire le contraire).
Après
Après
nous il y aura la vie, sans nous.
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